Argumentaires anti-climato-sceptiques

Rôle de l’activité solaire sur le climat

Par Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe de travail no 1 du GIEC, membre du  Haut Conseil pour le Climat, etc etc etc.
Voici  un point sur l’état des connaissances scientifiques concernant les rayons cosmiques galactiques et le climat (en complément du fil soleil-climat)…

Les variations du flux de rayons cosmiques galactiques  atteignant l’atmosphère sont modulées par l’activité solaire et affectent la formation de nouvelles particules dans l’atmosphère par leur lien avec l’ionisation de la troposphère.

Il a été suggéré que les périodes de flux élevés de rayons cosmiques pourraient affecter la formation d’aérosols, et, via les noyaux de condensation de nuages, les propriétés des nuages et le climat.
Figure (suggestion de mécanismes) issue de : https://link.springer.com/article/10.1007/s10712-008-9030-6

Au cours de la dernière décennie, des progrès considérables ont été effectués par des mesures en laboratoire (expérience CLOUD du @CERN_FR), par des analyses statistiques rigoureuses de séries d’observations, et par la compréhension et quantification des mécanismes.

De multiples études ont montré qu’il n’y a pas de corrélation robuste entre flux de rayons cosmiques et caractéristiques observées (aérosols, nuages).

Les théories proposées (ex : effet sur le taux de croissance d’aérosols) ne quantifient pas l’effet sur les concentrations de noyaux de condensations de nuages et leurs propriétés radiatives.

Les expériences de la chambre CLOUD du CERN ont apporté des conclusions très claires : la concentration de noyaux de condensation pour les nuages bas pourrait varier de 0,2 à 0,3% entre minima et maxima solaires.

Il est donc peu probable que l’intensité des rayons cosmiques affecte le climat par le biais de la nucléation.

Pour conclure, aucune association robuste n’a été trouvée entre le rayonnement cosmique et la nébulosité, et il est estimé que le rayonnement cosmique galactique a eu un forçage radiatif négligeable sur la période 1750-2019.

Pour en savoir plus : section 7.3.4.5 du chapitre 7 (bilan d’énergie de la Terre, forçages et rétroactions) du rapport du groupe I du GIEC de 2021, disponible ici : https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/
Les rapports du GIEC examinent de manière critique les éléments probants des publications scientifiques pour évaluer l’état des connaissances, dont les les publications issues de l’expérience CLOUD:
https://www.science.org/doi/10.1126/science.aaf2649
Cette expérience CLOUD du CERN a contribué, avec d’autres études scientifiques rigoureuses, au progrès des connaissances.